Combien de personnes sont sans emploi en France cette année ? La question revient à chaque publication de l’Insee et de France Travail, et les chiffres varient selon la source consultée. Voici les données trimestrielles à jour, avec les définitions qui permettent de comprendre pourquoi elles ne se recoupent pas exactement.
Combien y a-t-il de chômeurs en France en 2025 ?
Selon l’enquête Emploi de l’Insee, le taux de chômage au sens du BIT se situe entre 7,4 % et 7,7 % de la population active selon le trimestre observé, avec une tendance à la hausse en fin d’année. Ce chiffre CVS-CJO correspond à environ 2,4 à 2,5 millions de personnes sans emploi, disponibles pour travailler et en recherche active. Du côté de France Travail, le nombre de demandeurs d’emploi inscrits dépasse largement ce total, car les catégories administratives couvrent un public plus vaste.
Taux de chômage BIT : 7,4 % à 7,7 % selon le trimestre
Le taux de chômage BIT reste la référence internationale pour comparer les pays. Il mesure la part de la population active de 15 ans ou plus qui n’a pas travaillé, même une heure, durant la semaine de référence, tout en recherchant activement un poste et en étant disponible pour l’occuper. Au premier trimestre 2025, ce taux était quasi stable autour de 7,4 %, avant de remonter progressivement au cours de l’année pour approcher 7,7 % au troisième trimestre.
Cette légère remontée s’explique en partie par un ralentissement des créations d’emploi et par un marché du travail moins dynamique qu’en 2023. Le taux d’emploi des 15-64 ans, qui avait atteint des niveaux record, marque également un palier, tandis que le taux d’activité reste globalement stable.
Nombre de demandeurs d’emploi inscrits (France Travail)
Les statistiques du DEFM (demandeurs d’emploi en fin de mois) publiées par France Travail donnent une autre image du marché du travail. La catégorie A, qui regroupe les personnes sans aucune activité durant le mois, avoisine 3,3 à 3,4 millions d’inscrits en 2025. Si l’on ajoute les catégories B et C, c’est-à-dire les personnes ayant exercé une activité réduite, le total des catégories ABC dépasse les 5 millions de personnes.
Cet écart avec le chiffre du BIT s’explique simplement : une personne peut être inscrite à France Travail sans être considérée comme chômeur au sens de l’enquête Emploi, par exemple si elle travaille quelques heures ou si elle n’est pas immédiatement disponible.
| Indicateur | Source | Chiffre 2025 (ordre de grandeur) |
|---|---|---|
| Taux de chômage BIT | Insee | 7,4 % à 7,7 % |
| Demandeurs d’emploi catégorie A | France Travail | 3,3 à 3,4 millions |
| Catégories ABC | France Travail | plus de 5 millions |
| Chômage de longue durée | Insee | environ 1,5 million |
Le taux de chômage BIT mesure une réalité au sens strict de la recherche active d’emploi, tandis que les catégories France Travail incluent des situations administratives plus larges. Comparer les deux sans préciser la source conduit souvent à des confusions dans les débats publics.
Évolution du chômage en 2025 : hausse légère ou stabilité ?
L’année 2025 se caractérise par une évolution modérée mais réelle. Après plusieurs trimestres de stabilité, voire de légère baisse en 2023 et 2024, le taux de chômage a repris une trajectoire ascendante, gagnant environ 0,3 point sur l’ensemble de l’année. Cette hausse reste contenue comparée aux crises précédentes, mais elle marque un changement de tendance sur le marché du travail.
Plusieurs facteurs expliquent ce mouvement : un ralentissement de l’activité économique, des plans sociaux dans certains secteurs industriels, et une progression du nombre d’entrants sur le marché du travail plus rapide que celle des créations de postes en CDI. Le halo autour du chômage, qui regroupe les personnes souhaitant travailler mais non comptabilisées comme chômeurs (parce qu’elles ne recherchent pas activement ou ne sont pas immédiatement disponibles), a également progressé, signe d’un marché du travail sous tension.
Chômage par tranche d’âge et catégories
Le taux de chômage n’est pas homogène selon les tranches d’âge. Les jeunes de 15 à 24 ans restent la catégorie la plus touchée, avec un taux avoisinant 17 à 18 % en 2025, soit plus du double de la moyenne nationale. Cette situation s’explique notamment par la précarité des premiers contrats, souvent en temps partiel ou en intérim, avant une stabilisation vers le CDI après quelques années d’expérience.
À l’inverse, les seniors de 50 ans et plus connaissent un taux de chômage plus faible en apparence, mais leur situation est marquée par une durée de recherche d’emploi nettement plus longue. C’est d’ailleurs chez les seniors que le chômage de longue durée, défini comme une recherche d’emploi supérieure à un an, est le plus fréquent.
Jeunes, seniors et chômage de longue durée
Le chômage de longue durée concerne près d’un chômeur sur trois en France en 2025, un niveau qui reste préoccupant malgré les dispositifs d’accompagnement renforcés. Ce phénomène pèse particulièrement sur les seniors, dont le retour à l’emploi est freiné par des freins liés à l’âge et à l’adéquation des compétences avec les postes disponibles. Pour les jeunes, la difficulté se situe davantage à l’entrée sur le marché du travail, faute d’expérience suffisante.
Les sources et définitions officielles (Insee, France Travail)
L’Insee publie chaque trimestre les résultats de l’enquête Emploi, seule source permettant de calculer le taux de chômage au sens du BIT, comparable à l’échelle européenne. Cette enquête interroge un échantillon représentatif de la population et applique des critères précis : absence de travail, recherche active, disponibilité immédiate. Les données sont ensuite désaisonnalisées et corrigées des jours ouvrables, d’où l’appellation CVS-CJO.
France Travail, de son côté, produit des statistiques administratives issues des inscriptions sur ses listes, appelées DEFM. Ces chiffres sont utiles pour suivre l’activité de l’organisme et le nombre de personnes accompagnées, mais ils ne doivent pas être confondus avec le taux de chômage BIT. Les deux sources sont complémentaires et permettent, ensemble, de dresser un tableau plus complet du marché du travail français en 2025.