Les salariés du secteur social et médico-social attendaient une réponse claire sur la revalorisation de leur rémunération. La question revient chaque année : de combien augmente réellement la valeur du point, et à partir de quand ce nouveau montant apparaît-il sur la fiche de paie ? Voici les chiffres et les mécanismes de calcul à connaître pour 2025.
Valeur du point Convention 66 en 2025 : montant officiel
La Convention Collective 66 fonctionne avec un système de points qui sert de base à tous les salaires du secteur. En 2025, la valeur du point s’établit à 3,93 € pour les établissements adhérents à la FEHAP via Nexem, contre 3,82 € pour les structures non adhérentes. Cette différence, qui existe depuis plusieurs années, tient à des accords distincts selon l’affiliation des employeurs.
Calculateur de revalorisation Convention 66
Estimez l’impact de la revalorisation 2025 sur votre salaire en quelques clics.
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| Catégorie d’établissement | Valeur du point 2024 | Valeur du point 2025 |
|---|---|---|
| Adhérents Nexem / FEHAP | 3,77 € | 3,93 € |
| Non adhérents | 3,68 € | 3,82 € |
Cette revalorisation salariale reste modeste au regard de l’inflation constatée ces dernières années. Elle permet néanmoins de maintenir un écart avec le salaire minimum conventionnel et d’éviter un tassement complet des grilles indiciaires.
Impact sur votre salaire : calcul avant/après l’augmentation
Le salaire de base brut se calcule toujours de la même façon dans la grille de salaire de la Convention 66 : coefficient multiplié par la valeur du point. Ce coefficient dépend du métier, de l’ancienneté et de la qualification. Un changement de valeur du point se répercute donc mécaniquement sur tous les échelons, sans modifier la structure des coefficients.
Exemple concret de revalorisation
Prenons un éducateur spécialisé dont le coefficient est de 434, comme détaillé dans la grille de salaire du moniteur éducateur sous convention collective 66 en 2026. En 2024, avec une valeur du point à 3,77 €, son salaire de base atteignait 1 636,18 € brut. En 2025, avec la valeur portée à 3,93 €, ce même coefficient donne 1 705,62 € brut, soit une hausse d’un peu plus de 69 € par mois avant primes et indemnités.
Pour une aide-soignante au coefficient 411, le calcul suit la même logique : le passage de 3,77 € à 3,93 € fait grimper le salaire de base d’environ 65 € mensuels. Ces montants varient évidemment selon l’ancienneté et les compléments de rémunération propres à chaque établissement.
Éléments du salaire impactés
Au-delà du salaire de base, la revalorisation touche plusieurs composantes du bulletin de salaire. L’indemnité de sujétion, fixée à 9,21 % pour une large partie du personnel soignant et éducatif, est calculée sur le salaire de base : elle augmente donc proportionnellement. Les primes d’ancienneté, également indexées sur la valeur du point via le coefficient, suivent le même mouvement.
La prime Ségur, elle, reste un montant forfaitaire distinct qui n’évolue pas avec la valeur du point. Elle s’ajoute au salaire recalculé sans être affectée par cette revalorisation, ce qui explique pourquoi certains salariés ne voient qu’une hausse partielle sur leur fiche de paie globale.
Un avenant signé en début d’année n’entraîne pas toujours un paiement immédiat. Le temps d’agrément ministériel et de mise à jour des logiciels de paie peut créer un décalage de plusieurs semaines entre la date d’effet théorique et l’apparition du nouveau montant sur le bulletin de salaire.
Date d’application et visibilité sur la fiche de paie
La nouvelle valeur du point de la Convention Collective 66 s’applique à compter d’une date fixée par avenant, généralement rétroactive au premier jour du mois de signature. Sur la fiche de paie, le changement se repère à la ligne du salaire de base, où le nouveau coefficient multiplié par la valeur actualisée doit apparaître clairement. En cas de rétroactivité, un rappel de salaire figure sur une ligne distincte, le temps que les systèmes de paie intègrent définitivement le nouveau taux.
Contexte de la négociation 2025
Cette augmentation résulte d’une négociation paritaire entre les organisations syndicales et les représentants des employeurs, notamment la FEHAP et Nexem. Les discussions ont porté sur l’équilibre entre le pouvoir d’achat des salariés et les contraintes budgétaires des établissements sociaux et médico-sociaux, souvent financés par des enveloppes publiques limitées.
Les syndicats réclamaient une hausse plus proche de l’inflation cumulée, tandis que les employeurs mettaient en avant le risque de déséquilibre financier pour les structures les plus fragiles. Le compromis trouvé pour 2025 reste inférieur aux attentes exprimées par plusieurs organisations de personnel soignant, qui continuent de dénoncer un écart persistant avec d’autres conventions du secteur.
Qui est concerné par cette revalorisation
La convention collective nationale du 15 mars 1966 couvre l’ensemble des établissements et services accueillant des personnes handicapées, inadaptées ou en difficulté sociale. Sont concernés les éducateurs spécialisés, moniteurs-éducateurs, aides-soignants, assistants sociaux, psychologues, mais aussi le personnel administratif et les cadres de direction employés dans ces structures.
Seuls les établissements ayant signé l’avenant ou appliquant la grille de salaire de la Convention 66 sont directement concernés. Les structures relevant d’autres conventions collectives, même dans le secteur médico-social, appliquent leurs propres barèmes et ne sont pas soumises à cette revalorisation.
Questions fréquentes
La revalorisation concerne-t-elle les contrats à durée déterminée ? Oui, tout salarié relevant de la Convention Collective 66, en CDI comme en CDD, bénéficie de la nouvelle valeur du point dès son application dans l’établissement employeur.
Cette augmentation est-elle liée à la prime Ségur ? Non, il s’agit de deux dispositifs distincts. La prime Ségur reste un montant forfaitaire séparé, tandis que la valeur du point détermine le salaire de base calculé via le coefficient.
Où trouver les textes officiels de l’avenant ? Les documents relatifs à cette revalorisation salariale sont publiés par les organisations signataires et consultables auprès du service des ressources humaines de chaque établissement, qui doit également afficher la grille de salaire actualisée.