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Grille des salaires dans la métallurgie : le barème SMH 2026

Audrey
Audrey
août 8, 2026 7 min
Document salarial affiche sur mur d'usine metallurgique

Depuis la fusion des anciennes grilles ouvriers, ETAM et cadres, la grille des salaires dans la métallurgie repose sur un barème national unique. Applicable au 1er janvier 2026, elle fixe les salaires minima hiérarchiques (SMH) selon la classe et le groupe d’emploi de chaque salarié, avec une revalorisation d’environ 0,9 % par rapport à l’année précédente.

Ce barème découle directement de la Convention collective nationale de la Métallurgie du 7 février 2022, identifiée sous le numéro IDCC 3248. Elle a remplacé, à partir du 1er janvier 2024, l’ensemble des conventions territoriales qui coexistaient auparavant selon les régions et les statuts (ouvriers, employés, techniciens, agents de maîtrise, ingénieurs et cadres).

Convention collective de la Métallurgie 2026 : ce qui change

La grande nouveauté portée par l’IDCC 3248 tient dans l’unification des règles à l’échelle nationale. Auparavant, un ouvrier de Lyon et un ouvrier de Lille pouvaient relever de grilles différentes selon leur accord territorial. Désormais, un seul texte s’applique à tous les salariés de la branche, qu’ils soient non-cadres ou cadres, avec une classification commune et un même mode de calcul des minima.

Calculateur de salaire minimum hiérarchique – Métallurgie 2026

Entrez votre groupe d’emploi, votre classe et votre ancienneté pour calculer votre salaire minimum garanti selon la convention collective IDCC 3248.

Remarque : Prime d’ancienneté généralement versée à partir de 2-3 ans selon accord d’entreprise.
Groupe et classe
Salaire minimum hiérarchique (SMH) brut annuel
Prime d’ancienneté estimée (brut annuel)
Estimation indicative selon accord type (0,5 % par tranche)
Rémunération minimale totale annuelle (brut)
Salaire de base + prime ancienneté (plancher légal minimum)
Équivalent mensuel brut (35 h/semaine)
Calcul : rémunération annuelle ÷ 12 mois

Cette réforme a aussi mis fin à la distinction historique entre ouvriers, ETAM et cadres pour la classification des emplois. Chaque poste est désormais évalué à partir de six critères classants (complexité, autonomie, coopération, contribution, communication et connaissances), qui déterminent une classe unique, quel que soit le statut du salarié.

Grille de classification : groupes d’emploi et coefficients

La grille de classification de la métallurgie comporte 18 classes, regroupées en 9 groupes d’emploi désignés par les lettres A à I. Chaque classe correspond à un niveau de responsabilité et de qualification croissant : le groupe A rassemble les postes les moins qualifiés, le groupe I les fonctions de direction et d’expertise les plus élevées.

Contrairement à l’ancien système, il n’existe plus de coefficient au sens strict tel qu’on le connaissait dans les grilles territoriales. La classe d’emploi tient désormais lieu de repère unique pour situer un salarié dans la grille et déterminer son salaire minimum hiérarchique. Certains employeurs continuent toutefois d’utiliser le terme « coefficient » par habitude, pour désigner la classe attribuée au poste.

Grille de salaires 2026 : barème des minima hiérarchiques (SMH)

Tableau comparatif avec colonnes de chiffres salariaux annuels

Le salaire minimum hiérarchique correspond au salaire annuel brut de base garanti pour un temps plein de 35 heures hebdomadaires, hors primes et éléments variables. Il constitue un plancher : l’employeur doit toujours verser au moins ce montant, ou le SMIC légal s’il lui est supérieur.

Tableau récapitulatif SMH 2026 par coefficient

Voici un aperçu synthétique du barème applicable, à titre indicatif, pour situer les principales classes de la grille :

GroupeClasseSMH annuel brut estimé
A1≈ 22 000 €
C6≈ 24 500 €
D9≈ 27 800 €
F11≈ 33 500 €
G13≈ 41 000 €
H16≈ 52 000 €
I18≈ 69 000 €

Ces montants illustrent l’écart considérable entre le bas et le haut de la grille de classification, qui va du premier échelon d’entrée à près de 69 000 € bruts annuels pour les postes les plus élevés du groupe I.

Cas des salariés débutants (groupe F) et cadres au forfait

Le groupe F occupe une position particulière : il marque la frontière entre les statuts non-cadres et cadres, et accueille fréquemment les salariés débutants disposant d’un diplôme d’ingénieur ou équivalent, souvent en classe 9 ou 10 avant progression. Ces jeunes diplômés bénéficient d’un SMH spécifique, généralement plus favorable que celui des classes équivalentes occupées par des salariés sans qualification comparable.

Les cadres relevant d’un forfait jours ou d’un forfait heures restent soumis au même barème de classes, mais leur rémunération minimale intègre les spécificités de leur régime de temps de travail. La convention prévoit des garanties propres à ces forfaits, notamment en matière de suivi de la charge de travail et de rémunération plancher annuelle. Les alternants, quant à eux, ne relèvent pas directement de la grille SMH mais des dispositions légales et conventionnelles propres à l’apprentissage et à la professionnalisation.

Revalorisation des salaires pour 2026 (+0,9 %)

La revalorisation salariale applicable au 1er janvier 2026 s’établit autour de +0,9 %, à l’issue des négociations salariales annuelles menées entre les organisations syndicales et l’UIMM, qui représente les employeurs de la branche. Ce taux s’applique uniformément à l’ensemble des classes de la grille, du groupe A au groupe I.

+0,86 à +0,9 % : l’ampleur réelle de la hausse 2026
Cette revalorisation, plus modeste que celle observée lors des pics d’inflation récents, traduit un ralentissement des tensions salariales dans le secteur. Elle reste néanmoins obligatoire : aucun employeur ne peut verser en dessous du nouveau SMH, sous peine de rappel de salaire.

Ce niveau de revalorisation doit être mis en perspective avec l’évolution du SMIC légal, qui progresse généralement chaque année. Dans certains cas, le SMIC dépasse le SMH d’une classe donnée, ce qui oblige l’employeur à appliquer le montant légal plutôt que le barème de salaires conventionnel, conformément au principe de faveur.

Prime d’ancienneté dans la métallurgie : calcul et modalités

La prime d’ancienneté vient s’ajouter au salaire minimum hiérarchique pour récompenser la fidélité du salarié à son entreprise. Son mode de calcul dépend souvent des accords d’entreprise ou d’établissement, la convention nationale ayant laissé une certaine marge de manœuvre sur ce point après la fusion des grilles territoriales.

En pratique, la prime s’exprime généralement sous forme de pourcentage appliqué au salaire minimum de la classe, avec des paliers qui augmentent tous les deux ou trois ans d’ancienneté, jusqu’à un plafond fixé par accord. Un salarié en classe 9 avec dix ans d’ancienneté verra ainsi sa rémunération minimale majorée d’un pourcentage venant s’ajouter au SMH de base, ce qui peut représenter plusieurs centaines d’euros bruts annuels supplémentaires selon l’accord applicable dans l’entreprise.

Avant toute vérification de bulletin de paie, il reste utile de croiser trois éléments : la classe d’emploi réelle du salarié, le SMH correspondant publié pour l’année en cours, et l’accord d’entreprise éventuel sur la prime d’ancienneté. Cette triple lecture permet de s’assurer que la rémunération versée respecte bien le plancher fixé par la convention collective de la métallurgie.

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Audrey

Directeur de rédaction
Observatrice des marchés financiers et des transformations entrepreneuriales européennes, elle analyse les stratégies de croissance et les ruptures réglementaires. Ses enquêtes combinent décryptage chiffré et enquête de terrain.

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