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Fissure du tendon au coude : quelle durée d’arrêt de travail et quelles démarches CPAM ?

Audrey
Audrey
septembre 4, 2026 6 min
Radiographie medicale montrant rupture tendineuse au coude douloureux.

Une douleur persistante à l’extérieur du coude qui s’aggrave avec les gestes répétitifs évoque souvent une tendinite du coude, parfois liée à une véritable fissure du tendon. Cette lésion, fréquemment appelée épicondylite, oblige de nombreux salariés à s’arrêter de travailler le temps que le tendon cicatrise. Voici les durées d’arrêt observées, les démarches auprès de la CPAM et les traitements qui accélèrent la convalescence.

La question qui revient le plus souvent concerne la durée exacte de l’arrêt de travail. Pour un poste sédentaire, peu sollicitant pour l’avant-bras, elle tourne généralement autour de 4 semaines. Pour un métier physique impliquant force, vibrations ou gestes répétitifs, l’arrêt peut s’étendre jusqu’à 11 semaines, voire davantage si une infiltration ou une intervention chirurgicale est nécessaire. Les symptômes eux-mêmes mettent souvent plusieurs mois à disparaître complètement, la guérison réelle du tendon pouvant s’étaler sur près d’un an, parfois deux dans les formes chroniques.

Type de posteDurée moyenne d’arrêtFacteurs aggravants
Poste de bureau / sédentaire2 à 4 semainesRépétition de gestes fins, souris/clavier
Poste avec manutention légère4 à 6 semainesPort de charges occasionnel
Métier physique / manuel6 à 11 semainesVibrations, force, gestes répétitifs
Après infiltration ou chirurgieSelon protocole médical, souvent 8 semaines et plusRééducation post-opératoire

Durée de l’arrêt de travail pour une fissure du tendon du coude

Durées moyennes selon la gravité et le type de poste

La durée arrêt fixée par le médecin dépend d’abord de l’intensité de la douleur et de la réponse au traitement initial. Une fissure tendon débutante, prise en charge rapidement par du repos et de la kinésithérapie, guérit plus vite qu’une lésion négligée qui a évolué vers une tendinopathie chronique. Le diagnostic, souvent confirmé par une échographie ou une IRM en cas de doute, permet d’ajuster la durée de l’arrêt initial et ses éventuels renouvellements.

Influence du métier sur la convalescence

Un salarié dont l’activité sollicite peu l’avant-bras peut parfois reprendre un travail aménagé plus tôt, alors qu’un ouvrier du bâtiment ou un opérateur en industrie devra attendre une cicatrisation plus avancée avant la reprise professionnelle. Le médecin traitant, en lien avec la médecine du travail, adapte la durée de l’arrêt à la réalité du poste plutôt qu’à une simple moyenne théorique.

L’épicondylite en quelques chiffres

Cette tendinite représenterait à elle seule environ 80 % des pathologies du coude en France et toucherait chaque année 1 à 3 % des adultes. Une étude citée par la Haute Autorité de Santé évaluait déjà son coût moyen de prise en charge à plus de 18 000 euros par cas, arrêts de travail et soins compris.

Reconnaissance en maladie professionnelle : Tableau n°57

Lorsque la tendinite du coude résulte de gestes répétitifs liés au poste, une reconnaissance en maladie professionnelle est possible via le Tableau n°57 du régime général. Ce tableau couvre les affections périarticulaires provoquées par certains gestes et postures de travail, dont l’épicondylite fait explicitement partie. La reconnaissance ouvre droit à une prise en charge à 100 % des soins et à des indemnités journalières calculées différemment de celles d’un arrêt maladie classique.

Pour être reconnue, la fissure tendon doit correspondre à la liste des travaux mentionnés au tableau, comme les mouvements de préhension ou de rotation répétés de l’avant-bras. Un délai de prise en charge est également fixé, généralement de quelques jours à quelques semaines après la fin de l’exposition au risque. Le médecin conseil de la CPAM vérifie ces critères avant de valider le dossier.

Démarches administratives auprès de la CPAM

Employé remettant documents médicaux au guichet CPAM

La déclaration commence par la remise d’un certificat médical initial mentionnant la fissure tendon et l’origine professionnelle suspectée. Ce document, transmis par le salarié à la CPAM accompagné du formulaire de déclaration de maladie professionnelle, déclenche une instruction du dossier. La CPAM dispose ensuite d’un délai légal, généralement de trois mois, pour statuer sur la reconnaissance.

Pendant l’instruction, l’employeur peut être sollicité pour préciser les conditions de travail, et un examen médical complémentaire est parfois demandé, notamment pour évaluer votre capacité à continuer à travailler avec votre pathologie selon votre métier. Une fois la reconnaissance actée, les démarches administratives suivantes concernent le suivi des indemnités et, le cas échéant, la demande d’aménagement du poste avec le médecin du travail avant la reprise, même si la déclaration en maladie professionnelle présente certains inconvénients à considérer avant de déclarer une affection professionnelle.

Traitements et protocole de guérison

Repos, kinésithérapie et infiltrations

Le premier réflexe reste le repos strict du tendon, souvent associé au port d’une attelle ou d’une orthèse de coude pendant les premières semaines. La kinésithérapie intervient ensuite pour renforcer progressivement les muscles épicondyliens et restaurer la souplesse du tendon, avec des séances d’étirements et de travail excentrique reconnues efficaces sur l’épicondylite.

Quand la douleur résiste, une infiltration de corticoïdes peut soulager rapidement, même si son effet reste souvent temporaire. Les protocoles récents privilégient parfois les injections de plasma riche en plaquettes, mieux tolérées à long terme. En dernier recours, une chirurgie répare directement la fissure tendon lorsque le traitement conservateur échoue après plusieurs mois, avec une rééducation post-opératoire encadrée.

Aménagement du poste de travail et prévention des récidives

La reprise professionnelle se prépare avec le médecin du travail, qui peut proposer un mi-temps thérapeutique, une adaptation des outils ou une rotation des tâches pour limiter les gestes répétitifs, tout comme pour un arrêt de travail lié à une douleur lombaire chronique. Cette étape d’aménagement du poste évite une récidive rapide, particulièrement fréquente si le salarié reprend son activité sans modification des contraintes initiales.

Sur le plan de l’ergonomie, quelques ajustements simples réduisent nettement le risque : hauteur de plan de travail adaptée, outils moins vibrants, pauses régulières lors des tâches répétitives. Associée à un suivi kinésithérapique de fond, cette prévention diminue significativement le taux de rechute après une fissure tendon au coude, et sécurise durablement la reprise du poste.

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Audrey

Directeur de rédaction
Observatrice des marchés financiers et des transformations entrepreneuriales européennes, elle analyse les stratégies de croissance et les ruptures réglementaires. Ses enquêtes combinent décryptage chiffré et enquête de terrain.

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